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9/03/2008

La médecine traditionnelle chinoise (MTC)-Vue intégrale

Un bref historique de la médecine traditionnelle chinoise
Le terme « médecine traditionnelle chinoise (MTC) » désigne le système de médecine qui a été élaboré en Chine. Les documents décrivant la MTC les plus anciens datent de 3 500 ans, et les découvertes archéologiques laissent entendre que les origines de la MTC pourraient remonter à au moins 5 000 ans.

Bien que qualifiée de traditionnelle, la MTC a progressé au fil des siècles et elle s’inscrit bien dans le contexte du monde moderne. Au cours de plus de ses 2 000 années d’histoire documentée, la MTC a évolué sous l’effet de nombreuses influences d’ordre politique, économique, scientifique, technologique, social et culturel. À un moment donné au cours de sa très longue histoire, la MTC a quasiment été remplacée par la médecine occidentale. En effet, à la suite de la chute de la dynastie des Qing en 1911, les dirigeants chinois envisageaient de transformer leur pays en un nouvel état moderne, et cela incluait une médecine à l’occidentale. Vers le milieu des années 1950, toutefois, la médecine traditionnelle chinoise avait connu un regain de popularité, si bien que les quatre premiers collèges médicaux d’un bon nombre d’autres à venir ont été établis. La MTC a poursuivi sa croissance à titre de système de médecine, et des programmes éducatifs allant de certificats de technicien(ne) jusqu’au niveau du doctorat sont offerts aux étudiants. La MTC, tout particulièrement comme on la pratique de nos jours en Chine, incorpore et adapte, le cas échéant et si cela convient, les nouveautés de la science et de la technologie occidentale.

Quelques concepts de la MTC
La médecine traditionnelle chinoise est aussi complexe et spécialisée que la médecine conventionnelle. Bien qu’il soit impossible d’en résumer ne serait-ce que les principaux concepts et principes sur un simple feuillet d’information, nous en abordons quelques-uns très brièvement dans les lignes qui suivent :

L’idée de paires d’éléments opposés en équilibre (dualité en harmonie), tels le jour et la nuit, le soleil et la lune, la lumière et la noirceur, le sexe masculin et le sexe féminin, s’exprime par le concept des forces de Yin et Yang. Les forces de Yin et Yang sont parfois représentées graphiquement par le symbole taoïste.

Qi (prononcé Tchi, également écrit chi, Tchi) est souvent traduit en force vitale ou énergie vitale. Qi est l’énergie aussi bien que la matière; c’est la force de la vie. Qi est un flux circulant à l’intérieur, tout autour et partout au sein du corps dans des canaux énergétiques ou méridiens.
Les organes ou systèmes organiques du corps, comme les décrit la MTC, diffèrent tout à fait de ceux de notre perception occidentale. Bien que la plupart des organes soient similaires en termes de noms et de fonction à ceux du concept occidental, ils peuvent, en MTC, jouer un rôle différent. Par exemple, un praticien de la MTC pourrait diagnostiquer une insuffisance hépatique chez un patient qui, selon la médecine conventionnelle, présente pourtant un foie parfaitement normal et fonctionnel.

La maladie peut être provoquée par des facteurs externes comme internes. Les six causes externes de la maladie, parfois appelées les six démons, sont le vent, le froid, le feu, l’humidité, la canicule et la sécheresse. Quant aux causes internes de la maladie, parfois appelées les sept affects, celles-ci sont la joie, la colère, l’anxiété, la pensée, la tristesse, la crainte et la peur.

Diagnostic
Un praticien de la MTC a recours à quatre techniques fondamentales pour évaluer un patient et poser un diagnostic. Ces techniques sont les suivantes :

L’observation : l’examen visuel de la langue, de la complexion et de la peau, l’observation du comportement du patient.
L’écoute et l’odorat : l’écoute de la qualité, de la hauteur tonale (tonie) et du ton de la voix du patient; en reniflant les odeurs corporelles.
L’interrogation : des questions détaillées sont posées relativement aux symptômes ressentis, aux plaintes et malaises, au style de vie, etc.
Le toucher : le praticien de la MTC a reçu la formation nécessaire pour évaluer d’une manière très complexe le pouls du patient (au niveau du poignet, par palpation de l’artère radiale), évaluation qui peut faire ressortir quelque 21 pouls différents.

Une fois l’évaluation du patient terminée, le praticien de la MTC est alors en mesure de classifier le problème, puis d’établir le mode optimal de traitement. Le traitement est adapté aux besoins particuliers du patient, compte tenu de la classification attribuée à la maladie ou à la plainte médicale.

Traitement
En MTC, le traitement est essentiellement allopathique, en ce sens que les maladies sont traitées par le recours à des mesures opposées. Ainsi, une maladie ayant rapport au froid sera soignée par la chaleur, une affection liée à une carence sera traitée par une supplémentation, tandis qu’un problème attribuable à un excédent sera remédié par un drainage.

Les principes de traitement qui servent de guide aux praticiens de la MTC sont les suivants : traiter la cause d’une maladie directement; traiter la cause et, en même temps, assister et encourager la capacité naturelle de l’organisme à s’autoguérir; et assister l’organisme sans traiter la cause directement. Cette dernière approche est appelée fu zheng, ce qui se traduit grosso modo par « soutenir le vertueux ».

Quelle que soit l’approche adoptée, les praticiens de la MTC disposent d’une diversité d’outils et de techniques de traitement, même si certains praticiens n’ont pas recours à toutes les techniques à leur disposition. Comme c’est le cas en médecine conventionnelle, les thérapeutes en MTC peuvent se spécialiser dans certains types de maladies ou de traitements.

Les préparations médicinales
Les préparations médicinales ne se limitent pas aux herbes, mais incluent également des produits d’origine minérale et animale. Parfois complexes, les prescriptions peuvent comprendre des préparations incorporant plus d’une vingtaine d’ingrédients. Certains de ces ingrédients peuvent traiter directement la cause de la maladie, d’autres peuvent assister les propres défenses du corps, tandis que d’autres peuvent contribuer à atténuer les effets secondaires des autres ingrédients.
Les préparations médicinales peuvent prendre la forme de tisanes, d’extraits liquides, de capsules ou de comprimés. Bien que la préparation des tisanes soit une opération assez laborieuse (il peut falloir faire bouillir les tisanes, les laisser infuser, les tamiser à plusieurs reprises, puis les laisser refroidir), cette modalité est sans doute le meilleur moyen d’individualiser le traitement médicinal. Certaines prescriptions d’usage courant sont prémélangées et offertes sous forme de comprimés. Bien entendu, les comprimés sont plus pratiques à prendre, mais leur dosage peut ne pas se révéler aussi précis que celui des tisanes individualisées dans le traitement de certains états. Certaines préparations médicinales sont également faites à partir d’ingrédients en poudre que l’on mélange en fonction de la prescription particulière requise, puis que l’on enferme dans des capsules.

L’acuponcture
L’insertion d’aiguilles fines dans la peau permet aux thérapeutes en MTC de modifier le cours du flux énergétique qi, le faisant dériver et soulageant ainsi les blocages. Le flux énergétique qi est redirigé vers les organes ou les régions du corps aux prises avec une déficience, ou il est réacheminé hors des zones accusant un excédent.

La moxibustion
La moxibustion consiste à brûler, sur ou au-dessus du corps, de petites quantités de moxa séché et réduit en poudre (une herbe connue sous les noms de Artemesia vulgaris, de ai ye, d’armoise et d’herbe de la Saint-Jean). Ayant l’aptitude d’exercer un effet sur le flux énergétique qi, le moxa s’utilise souvent de concert avec l’acuponcture.

Tui Na
Il est vrai que les termes Tui Na se traduisent souvent par « pousser et tirer », mais ils signifient réellement un système de massage, de manipulation corporelle et de stimulation manuelle exercée sur le corps au niveau des points d’acuponcture. La technique Tui Na peut s’utiliser pour stimuler le flux énergétique qi, pour traiter les problèmes neurologiques ou orthopédiques, ou comme substitut à l’acuponcture dans les cas où l’implantation d’aiguilles se révélerait inappropriée (chez les enfants, par exemple).

Qigong
Le Qigong (prononcé tchi koong, également écrit Chi Kung, Chi Gong, Qi Gong, etc.) est un mode de manipulation du flux énergétique qi, ou d’influence sur celui-ci, s’opérant par le biais d’exercices, de la respiration et de la méditation. De nature semblable au tai-chi, les exercices de qigong produiraient, d’après ce qu’on en dit, de plus puissants effets curatifs. Pratiqués sur une base quotidienne, les exercices de qigong seraient particulièrement utiles pour maintenir la bonne santé et prévenir la maladie.

Traitement par la diététique
Les praticiens de la MTC peuvent prescrire certains aliments, certains assaisonnements ou certains mets qui ont des propriétés curatives. D’autres aliments, ainsi que l’alcool, pourraient être déconseillés par le praticien afin de favoriser la guérison.

MTC et VIH/sida
En MTC, l’infection par le VIH et le sida sont classifiés d’un certain nombre de façons. En général, le VIH est reconnu comme un « fléau externe » qui envahit le corps par la voie de la moindre résistance. Par conséquent, il est d’importance capitale de veiller à protéger ou à renforcer les zones de faiblesse. Or en MTC, la façon dont le praticien aura identifié le VIH/sida déterminera le traitement à employer. Ainsi, selon différents praticiens, le VIH pourra être perçu comme soit une maladie liée à la chaleur, soit une maladie issue d’une carence, soit une déficience du Yin ou une insuffisance rénale, soit une maladie reliée à la chaleur. En médecine occidentale, une partie ou l’ensemble des traitements prodigués pourront viser le renforcement ou la stimulation du système immunitaire. En MTC, on peut avoir recours à des techniques diagnostiques comme moyen de prédire le genre d’infection opportuniste à laquelle le patient pourrait être le plus vulnérable. Le traitement retenu pourra alors viser à prévenir les problèmes pertinents au cas.

MTC et médecine conventionnelle
Nombre de personnes séropositives ont recours à la MTC comme complément à leur traitement médical conventionnel. La MTC peut être utile pour aider à stabiliser et à renforcer le système immunitaire suivant un traitement médicamenteux conventionnel entrepris pour soigner une infection. Certaines personnes font appel à la MTC pour soulager ou atténuer les effets secondaires dûs à des médicaments conventionnels. En raison du risque d’interactions entre les médicaments conventionnels et les remèdes de MTC, les patients devraient tenir leur médecin conventionnel et leur praticien de la MTC informés de tous les traitements qu’ils prennent.

Une variété d’herbes chinoises ont déjà fait l’objet d’évaluations dans le cadre d’études de laboratoire, et il a été démontré que nombre d’entre elles exercent des effets anti-VIH. Ces effets antiviraux ont été observés dans les cas où l’herbe étudiée avait déjà renforcé ou amélioré l’aptitude des cellules à résister à l’infection.

Des études portant sur l’acuponcture ont démontré que cette discipline a la faculté de stimuler le système immunitaire en augmentant la production d’interférons (messagers chimiques), en améliorant la capacité des globules blancs à tuer les bactéries et en accroissant le nombre de globules rouges du sang. L’acuponcture a également fait l’objet d’études à titre de traitement de la neuropathie périphérique reliée au VIH. Bien qu’une étude de large envergure n’ait fait ressortir aucune différence significative en termes de soulagement de la douleur entre l’acuponcture, le traitement médical standard et un placebo, les points d’acuponcture étudiés dans le cadre de cet essai avaient été uniformisés de sorte que chaque sujet reçoive exactement le même traitement. Les traitements par acuponcture sont normalement adaptés aux besoins particuliers du sujet et, comme l’ont corroboré les chercheurs dans leurs conclusions, les traitements individualisés pourraient bel et bien exercer des effets différents.

Malheureusement, la vaste majorité des travaux de recherche réalisés dans le domaine de la MTC sont publiés dans les journaux médicaux et scientifiques de langue chinoise, et faute de traduction, demeurent inaccessibles à la plupart d’entre nous.



Source: catie.ca

8/28/2008

TUINA, le massage du Yin et du Yang

Par Jean Robert


Véritable trésors de la médecine traditionnelle chinoise, le massage Tuina n’en est pas moins une technique thérapeutique facilement accessible aux non-spécialistes.


Contrairement aux autres méthodes thérapeutiques de la médecine chinoise, le massage Tuina ne demande pas un pré-requis conséquent pour être rapidement utilisable et très efficace. Et on pourrait même affirmer qu’il ne peut s’apprendre que par la pratique et donc grâce au travail sur un patient. Ici, et comme dans tout travail manuel, la connaissance ne peut provenir que de la répétition. L’art du massage Tuina est donc avant tout issu d’une expérience et le masseur chinois est un artiste qui doit l’essentiel de sa réputation à l’intelligence de ses mains.

La grande dialectique du Yin et du Yang

Toute la pensée de l’Empire du Centre peut être résumée en deux termes bien connus : Yin et Yang. Ces deux modalités, d’une seule et unique même énergie fondamentale, le Qi, sont en effet omniprésentes dans la tradition chinoise. Nous le savons, le Yin et le Yang représentent les deux forces opposées qui réagissent au sein même de la manifestation, lui permettant ainsi de se maintenir grâce à un renouvellement permanent. Lumière et ombre, dur et mou, feu et eau, ciel et terre, comptent parmi les principaux symboles de ces deux polarités. Au fond, pour un Chinois, la Vie c’est toujours et nécessairement du Yin et du Yang. C’est pour cette raison que leur opposition est aussi une complémentarité. Ces deux modalités énergétiques sont bien présentes dans le massage Tuina. Les techniques manuelles du Tuina, sont très nombreuses. Chaque geste y est décomposé avec une extrême précision, qui fait que d’une méthode à l’autre les différences sont parfois des plus subtiles. En outre, comme la même technique peut souvent s’employer avec diverses parties de la main ou du bras, d’infinies variantes découlent de chacune d’entre elles.

Cependant parmi les multiples méthodes du Tuina, quelques unes seulement font parties de « la trousse d’urgence du masseur ». Le terme même de Tuina, nous en désigne d’ailleurs deux capitales : Tui, qui est l’action de « Pousser » et Na qui est celle de « Saisir ». Prendre et repousser, voilà déjà bien tout un programme.

Ces deux termes n’ont évidemment pas été choisis au hasard parmi les multiples méthodes gestuelles du massage thérapeutique pour le représenter. Il s’agit en effet là aussi de deux actions opposées mais complémentaires qui nous replongent tout de suite dans la grande dialectique du Yin et du Yang, merveilleusement symbolisée par le célèbre diagramme du Taiji.

« Saisir » représente ici la polarité Yin, il s’agit en effet d’un geste de préhension qui ramène l’énergie vers soi. Au contraire, « Pousser » est une méthode d’expulsion, de rejet vers l’extérieur, c’est donc une forme Yang.

Employées avec alternance, ces deux techniques vont mobiliser le Qi interne du patient afin de « ré-animer » la circulation énergétique dans les méridiens. Par la Saisie, l’énergie bloquée à l’interne est extraite et ramenée à la superficie ; par la Poussée elle est dégagée et propulsée dans la grande circulation. La répétition de ces mouvements est réputée pour dissoudre les stases, désobstruer les méridiens, calmer les douleurs et détendre en profondeur les tissus. Bien entendu un certain nombre de paramètres (comme la vitesse, la force, la profondeur, la direction du geste ainsi que les parties corporelles utilisées pour pratiquer) vont permettrent au praticien de moduler son traitement en fonction des caractéristiques physiques et énergétiques de son patient et de la localisation de la pathologie. Mais l’harmonie énergétique, qui est toujours l’objectif final en médecine chinoise, résultera finalement toujours du juste équilibre entre les deux forces opposées et complémentaires Yin et Yang.

Un autre exemple de cette nécessaire complémentarité des oppositions, va nous être donné par l’appellation générique du massage en chinois, Anmo. Alors que Tuina représente l’aspect plus spécifiquement thérapeutique du massage, le terme d’Anmo désigne globalement le massage traditionnel. An, c’est « Presser » et Mo, c’est « Frotter ». Encore une fois nous nous trouvons donc confronté à nos deux polarités. En effet, pour Presser il faut appuyer et donc pénétrer à l’interne, il s’agit en conséquence d’une technique Yin. Au contraire Mo nous montre une action Yang car elle se passe en superficie, c’est une sorte de caresse « épidermique » qui ne concerne que le niveau superficiel de l’individu. Mais là encore, les actions se complètent et s’épousent à merveille. An permet de stimuler la profondeur et Mo de dégager la surface. Nous constatons ainsi que pour dire « massage », les chinois ne font finalement que répéter « Yin et Yang » en se servant simplement de divers termes techniques. Ils nous rappellent ainsi sans arrêt, que dans l’existence tout participe nécessairement de ces deux énergies fondatrices.

Gunfa, la technique du roulement

Les quatre caractères qui désignent l’art du massage, Tuina Anmo, nous ont déjà montré quatre gestes fondamentaux : Pousser, Saisir, Presser et Frotter. Ce sont bien en effet les méthodes de base du massage énergétique. Cependant le geste qui est vraiment le plus spécifique du Tuina et qui caractérise le mieux, c’est le Gunfa. Gun signifie « Rouler » et Fa « Technique ». Il s’agit ici d’une technique de rotation bien particulière et très caractéristique, véritablement unique et sans égale dans aucune autre méthode de massage traditionnel. C’est même par son Gunfa que l’on discerne vraiment la qualité du masseur. Il existe deux techniques principales du Gunfa. La première Zhi Gunfa, le roulement vertical, est un mouvement qui est centré sur les articulations métacarpo-phalangiennes de la main.

La deuxième, Xie Gunfa, le roulement oblique, s’effectue elle, par rotation sur les deux derniers métacarpiens. Cependant, dans les deux cas, il s’agit d’un roulement alterné de gauche à droite à amplitude, vitesse et pression très codifiées, qui varient en fonction de la variante utilisée ainsi que de la localisation du travail et bien sûr de la constitution du patient.

Pour celui qui ne fait que regarder travailler le masseur chinois, l’exercice semble relativement aisé. Vue de l’extérieur le geste paraît souple et relâché, facile et de forme Yin donc... cependant pour celui qui « reçoit » le massage, il en va tout autrement. En effet, vécu de l’intérieur, le Gunfa s’avère vraiment très tonique et de modalité incontestablement Yang. Souvent d’ailleurs, les patients inexpérimentés demande ingénument avec quel outil le praticien leur pétrir ainsi le corps !!! A expérimenter !



6/20/2008

La médecine chinoise-Ou la recherche de l’Harmonie perdue

Par J-R Gillardeaux


La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), fait partie de ce que l’on nomme actuellement les ethnomédecines, c’est-à-dire les pratiques de santé, élaborées au sein des cultures les plus anciennes de notre terre. Là, elle y côtoie les médecines traditionnelles africaines, amérindienne, ayurvédique ou tibétaine pour ne citer que le plus connues.

Cependant la médecine chinoise est pratiquement la seule à être restée une tradition vivante, ouverte et organisée puisqu’elle est aujourd’hui dans son pays d’origine une médecine d’Etat, disposant au même titre que la médecine allopathique occidentale, de son ministère, de ses universités, de ses hôpitaux et de ses unités de recherche. Elle est également la seule à s’être répandue sur tous les continents et à être pratiquée dans tous les pays du globe.

Soulignons quelques particularités de la MTC :
Elle dispose d’un ensemble très étendu de méthodes thérapeutiques : plantes médicinales et produits naturels, acupuncture, massages et mobilisations, exercices corporels de santé, diététique, psychologie, réflexologie, auriculothérapie, etc.
Elle peut déceler les dysfonctionnements à un stade très précoce c’est-à-dire lorsque la maladie n’est pas encore déclarée. C’est pourquoi on dit d’elle, que c’est une médecine de prévention.
Elle ne sépare jamais le patient et sa pathologie de son milieu social et environnemental et traite l’individu dans sa globalité.
Enfin, c’est une thérapie peu onéreuse, ce qui, par les temps qui courent, est particulièrement intéressant, une thérapie qui ne demande ni infrastructures, ni appareillages, ni laboratoires sophistiqués.

La Pharmacopée
La pharmacopée chinoise est aujourd’hui la résultante de plus quatre mille ans de minutieuses observations et expérimentations, de la part des médecins chinois. Elle utilise tous les produits que la nature dispense (végétaux principalement, mais aussi minéraux et quelques produits animaux) et travaille, principalement, par analogie et correspondances, en faisant des ponts entre les différents ordres de la nature. En raisonnant sur des critères de saveur, de nature et de couleur, elle combine de nombreuses substances dans une seule même prescription, pour cibler avec le plus d’exactitude possible, la pathologie propre à un patient donné, en sorte qu’une prescription est toujours originale et unique.

L’Acupuncture
L’Acupuncture remonte aux temps les plus anciens de la Chine. Elle utilise les méridiens et leurs points pour réguler le système énergétique du patient. La grande connaissance de ces réseaux font des acupuncteurs, de forts savants « aiguilleurs » des courants du Qi interne, en sorte que l’aiguille du thérapeute est un véritable axe polaire qui réaccorde les énergies Yin terrestres aux énergies Yang célestes. Si l’acupuncture est le symbole même de la médecine chinoise c’est parce que cette théorie des réseaux et des puits énergétiques, est véritablement fascinante... et ô combien performante.

Le Tuina
Tuina est le terme employé en MTC pour désigner le massage thérapeutique. C’est un ensemble très complet et complexe de techniques manuelles, qui demandent parfois, de longues années d’apprentissage, pour être parfaitement maîtrisées. Le Tuina emploie également des techniques de mobilisations articulaires qui rappellent beaucoup celles utilisées par nos modernes ostéopathes. Mais s’il est principalement connu pour être une technique de soin traitant toutes les pathologies de l’appareil locomoteur (lumbagos, sciatiques, périarthrites, tendinites, etc.), le Tuina est également une méthode thérapeutique complète, à même de traiter toutes les maladies fonctionnelles, puisque le praticien peut aussi travailler directement sur les organes, ligaments et aponévroses au moyen de techniques internes (Qi nei zang), ou, en utilisant ses doigts pour remplacer les aiguilles, se servir des réseaux et points, pour réguler le système énergétique (Digitopuncture).

Le Qigong
Le Qigong est la « gymnastique » traditionnelle que le peuple chinois a élaborée, durant plus de deux mille ans, pour entretenir la santé, mais également, pour rétablir l’équilibre énergétique, lorsque celui-ci s’est dégradé. Grâce à des mouvements appropriés, qui tiennent compte, bien entendu, des lois de la circulation du Qi, et en accompagnant cette gestuelle d’une respiration spécifique que régule un esprit concentré, le Qigong favorise les processus d’autoguérison du corps.

Le Waiqi Liaofa
Cependant, à un stade plus avancé de sa pratique, le Qigong devient toute autre chose qu’une simple gymnastique, et se transforme en un véritable art du soin. Lorsqu’en effet le pratiquant a ainsi « cultivé » son Qi durant plusieurs années il devient capable de l’utiliser pour traiter directement les patients. C’est le Waiqi Laiofa, qui reste certainement, la méthode la plus ancienne et la plus spectaculaire de la médecine chinoise. Cette méthode, également dénommée Qigong médical, d’apparence fort simple, demande, en fait, une grande rigueur dans son application car ses effets sont particulièrement puissants.

Les Réflexologies
Parmi toutes les techniques thérapeutiques élaborées au cours des âges par la civilisation chinoise une des plus connues est peut-être l’Auriculothérapie à moins que ce ne soit la Réflexologie plantaire. Toutes deux, de toute façon, sont élaborées suivant le même principe : la totalité est présente dans chaque partie. Un segment, comme le pied, l’oreille ou encore la main, le visage, etc., contient donc l’ensemble corporel et en travaillant sur ce seul segment corporel on peut rétablir les dysfonctionnements énergétiques et contribuer ainsi, au rétablissement de la santé.

Mais la tradition chinoise c’est bien plus que quatre mille ans d’expériences et de résultats grâce à ses dizaines de méthodes thérapeutiques différentes, c’est surtout un état d’esprit. Et cet état d’esprit c’est celui de la recherche permanente de l’harmonie. Car, au fond, on ne peut certainement pas mieux désigner la santé, que comme un état d’harmonie. Et une harmonie qui pour être parfaite ne peut que se dérouler en trois spires : harmonie en soi, harmonie avec son environnement social et harmonie dans son espace naturel. Alors, lorsque l’on opte pour ce point de vue, la maladie n’est plus subie comme un malheur imposé de l’extérieur, mais comme une ultime tentative du corps, pour retrouver le chemin de cette Arche perdue.

Lire l'article origine ici>>
Source: soleil-levant.org

5/13/2008

Les clés de la médecine chinoise



Selon les principes de la médecine chinoise, une mauvaise circulation de l’énergie et c’est l’équilibre du corps qui est menacé. De l’acupuncture, au Qi Gong, cette discipline regorge de ressources thérapeutiques destinées à rétablir l’harmonie au sein des flux d’énergie.

En Chine, on est souvent médecin de père en fils. Plus on a de générations de médecins derrière soi, plus on est respecté. La médecine chinoise, vieille de 5 000 ans s’intéresse surtout à la communication entre les différentes fonctions organiques.

Cinq branches pour une forêt de connaissances

Celles-ci sont étroitement liées les unes aux autres par un courant d’énergie, appelé le "chi". Cette énergie est à la base de l’approche médicale chinoise. Selon ce principe, la maladie résulte de blocages ou de déséquilibres énergétiques. Tout l’art médical consiste alors à rétablir l’harmonie au sein de ces flux d’énergie. Pour cela, cette médecine dispose de trois grandes disciplines : la phytothérapie, l’acupuncture et les thérapies manuelles. A ces trois techniques fondamentales viennent s’ajouter la diététique avec son effet curatif et préventif et bien sûr les gymnastiques énergétiques basées sur la circulation harmonieuse du chi : Tai-chi, Qi gong... Le médecin se spécialise dans une des cinq branches citées.

Recharger ses accus par l’acupuncture

Véritable chirurgie de l’énergie, l’acupuncture va permettre de rétablir un nouvel équilibre. Les textes médicaux chinois disent que le corps humain est parcouru par des lignes énergétiques nommées méridiens, au nombre de douze, chacun correspondant à un organe. Par l’intermédiaire de points situés sur leur trajet, on peut agir directement sur les organes visés (estomac, rate, intestin, etc.). Si la rate est surchargée ou le foie engorgé, les problèmes surviennent. Les aiguilles plantées sur des points précis stimulent ou inhibent leur fonctionnement selon les besoins.

La phytothérapie pour ne pas se planter…

Avec des indications pour plus de 80 % des maladies, la phytothérapie est la discipline reine. Aujourd’hui, elle exploite plus de quatre cents espèces végétales. Le traitement consiste en l’administration de formules composées de racines, d’écorces ou de feuilles sous forme de décoction ou de pilules. La principale différence avec l’Occident réside dans la prescription. Le choix des plantes et la posologie dépendent, non pas de l’origine du problème, mais de "l’état énergétique" du patient. On privilégie celles qui vont le régulariser.

Ca passe ou ça masse…

L’histoire du massage thérapeutique est très ancienne, et plusieurs styles se développent dans les différentes régions de la chine. Le plus répandu, le tui Na, massage à vocation thérapeutique, est couramment utilisé dans les hôpitaux. Son principe est simple : toute altération de la mobilité articulaire, consomme une certaine quantité d’énergie et freine son passage, entraînant ainsi des maladies. Par des manipulations, le masseur va chercher à régler ce problème. A l’inverse, des perturbations internes (troubles de la digestion, stress) peuvent se manifester par des tensions et des blocages corporels. Il existe une autre forme très appréciée en Occident : il s’agit du shiatsu.

Un régime à ne pas "rater"

Par contraste avec notre culture, les règles d’hygiène alimentaire de base n’ont pas changé en Chine depuis des millénaires. La thérapie par la diététique ne consiste pas à suivre un régime de façon stricte mais s’adapte à l’âge, la constitution, l’état de santé et aux conditions de vie de chacun. Dans ce cadre, l’estomac et la rate apparaissent comme les deux principaux organes de la digestion. Les thérapeutes chinois insistent sur la nécessité d’acheminer jusqu’à l’estomac une nourriture qui soit digestible, à la température "correcte", à intervalles réguliers et dans les bonnes quantités. Cinq éléments essentiels en matière de diététique chinoise, dont l’observation constitue la clé d’une bonne santé.

Avec le Qi-gong, mettez un tigre dans votre moteur

Ancré dans la tradition populaire chinoise, le Qi-gong permet de maîtriser l’énergie vitale pour atteindre l’équilibre du corps et de l’esprit. Il est très apprécié par les médecins chinois car chaque posture a une vocation thérapeutique précise. Transmises au travers d’images poétiques et naturalistes elles sont facilement mémorisables. Pour en finir avec le stress, on peut faire le tigre et pousser le ciel avec ses bras. Autre point fondamental : la gym orientale est une activité de détente et non de performance. Il faut se détendre pour permettre à l’énergie du corps de circuler.

Catherine Maillard


Doctissimo.fr
Le Blog du Quimetao

Le succès de la Médecine Traditionnelle Chinoise



Malgré ses 4000 ans, la MTC ne cesse de gagner en popularité.
A quoi est dû ce succès?


La MTC est constituée de plusieurs outils (acuponcture, pharmacopée, massages, hygiénisme, nutrition, ...) dont le but est de préserver ou de réinstaurer l'homéostasie (équilibre) énergétique du corps.
La conception asiatique veut que l'être et tous les organismes vivants soient constitués d'énergie.
Cette énergie originelle, appelée Qi ou Tchi, serait, selon les Anciens, à l'origine de la création de l'univers.
La vie serait l'agrégation du Qi, qui en s'agglutinant crée la matière, et la mort, la désagrégation du Qi.
Cette énergie se mute inlassablement.
En soi, cette idée est avant-gardiste car elle a été énoncée bien avant la théorie de Lavoisier , encore d'actualité: "Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme".
Voici donc peut-être, une des raisons pour lesquelles la MTC reste d'actualité: elle est encore aujourd'hui avant-gardiste.
En effet, nous, Occidentaux, avons une fâcheuse tendance à nous en remettre à des spécialistes, qui ne voient que par le prisme de leur spécialité et ainsi omettent une règle fondamentale et toujours mise en application par les médecins traditionnels chinois: l'Homme est un tout; l'analyser au travers d'un organe ou d'un symptôme revient à commettre un énorme péché d'abstraction.
Penser que, si un organe est en souffrance, il n'a aucune répercussion sur le reste de l'organisme, est un leurre.
Il est donc probant que la MTC, encore à l'heure actuelle, véhicule beaucoup de réalisme et de sagesse. Elle prône l'aspect indissociable de l'être humain et de son milieu, et elle met en évidence que la suppression du symptôme n'apporte pas la véritable guérison.
En conclusion, nous pourrions dire que cette médecine ancestrale prône l'équilibre émotionnel, physique, intellectuel et spirituel, qu'elle utilise des outils adaptés et naturels afin de retrouver l'équilibre.
Non contente d'utiliser des principes intelligents, elle garde en son sein la sagesse originelle, ce qui la rend intemporelle.

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