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5/15/2008

Aux origines des arts martiaux chinois

Nicolas Jucha 04/09/2007


Rendus célèbres en Occident par Bruce Lee et connus sous le nom de Kung Fu, les arts martiaux chinois trouveraient leurs racines en 5000 avant Jésus Christ, avec des techniques de combats importées d'Inde.



Les plus anciennes traces archéologiques remontent à l'époque de Huang Di, l'Empereur jaune, en 3000 avant notre ère, mais la première codification d'une discipline attendra -2000 avec le Shuai-jiao (aussi connu sous le nom de lutte Chinoise) l'un des ancêtres du Judo et du Ju Jitsu japonais.

Bodhidharma et le Temple Shaolin

Pour beaucoup, le réel épisode fondateur du Kung Fu (ou Wushu en Chinois mandarin) reste la venue d'un moine indien, Ta Mo (futur Bodhidharma), au temple Shaolin (temple de la jeune forêt). Venu pour développer le Bouddhisme Chan en Chine, il va enseigner des techniques de méditation, mais aussi des exercices physiques et des techniques de combats pour améliorer la santé des moines et les rendre moins vulnérables hors du monastère.

Un millénaire plus tard, le noble Chueh Yan, aidé de plusieurs autres experts martiaux, allait améliorer la «Boxe Shaolin» avec la création de nouvelles techniques (une centaine) réparties dans les styles du Tigre, de la Grue, du Léopard, du Serpent et du Dragon. Le principal courant du Kung Fu venait de franchir le pas qui allait le rendre légendaire et prédominant dans les arts chinois.

Si l'épisode du Mont Shaolin a lancé l'histoire des arts martiaux chinois dits «externes» (waigong), c'est au Mont Wudang qu'il faut chercher l'origine communément acceptée des arts internes (neigong) dans lesquels on classe souvent le Taiji Quan.

Wudang, l'autre montagne mythique des arts martiaux chinois

Situé au nord-ouest de la province du Hubei, la montagne est l'un des principaux centres du culte taoïste. Une vénération de Zhen Wu (le guerrier véritable) et de Xuan Di (l'Empereur sombre) s'y est notamment développée sous la dynastie des Song (960 à 1279 après J.C.). Ce serait le taoïste Zhang Sanfeng, basé au Mont Wudang, qui aurait créé le Taiji Quan dans sa forme originelle.

L'histoire se présente ainsi : «Un jour que l'ermite Zhang SanFeng était à la fenêtre de sa hutte sur le mont WuDang, son attention fut attirée par le cri étrange d'un oiseau. Se penchant, il vit une pie effrayée descendre d'un arbre au pied duquel se trouvait un serpent. Un duel s'en suivit, et la pie fut vaincue par le serpent, ce dernier combattant en souplesse et avec des déplacements curvilignes. Zhang SanFeng comprit alors la suprématie de la souplesse sur la rigidité, l'importance de l'alternance du Yin-Yang et d'autres conceptions qui ont formé la base du TaiJiQuan. C'est à la suite de cet incident qu'il élabora le Taiji Quan, application des principes du Taiji.» (source : «Taiji Quan, art martial et technique de longue vie», de Catherine Despeux)

Une autre version, plus simpliste, estime que Zhang aurait reçu la connaissance du Taiji Quan en rêve de la part de l'Empereur sombre Xuan Di : «Une nuit, Zhang Sanfeng reçut en rêve de l'Empereur Noir (Xuandi) une méthode de combat à mains nues ; le lendemain au réveil, il put à lui seul tuer plus d'une centaine de bandits.» Cette seconde version s'inscrit dans la théorie d'un Taiji Quan qui n'aurait pas été créé par Zhang mais retrouvé à partir d'un temps ancien mythique.

Les aléas de l'histoire

Cet aspect presque surnaturel colle d'ailleurs aux arts martiaux chinois quelque soit le style et l'origine. Cependant, l'histoire a plusieurs fois failli enfouir ces trésors chinois dans l'oubli.

En 1662, l'invasion de la Chine par les Mandchous aurait pu mettre un terme à l'histoire de Shaolin. Le nouvel empereur, Kang Xi, de la dynastie Qing, décida de prévenir une éventuelle révolte des moines en détruisant le temple. Selon la légende, cinq moines (les cinq ancêtres), et quelques uns de leurs disciples sont parvenus à s'enfuir. Parmi eux se trouvait la nonne Ng Mui, seule femme parmi les cinq ancêtres, et qui allait créer le Ving Tsun.

Ainsi donc survécu la Boxe de Shaolin, laquelle allait se développer et se diversifier avec la création de nombreuses sociétés secrètes, dont la Triade, ayant pour objectif de rétablir la dynastie Ming.

La renaissance grâce à un japonais

Cette aspiration allait mener à la révolte des Boxers en 1900, laquelle s'achevait dans un bain de sang, les artistes martiaux ayant dû affronter des armées modernes munies d'armes à feu. Les arts de combat chinois, avec la mort de nombreux experts, venaient de subir un cuisant échec et risquaient une nouvelle fois de s'éteindre...

Cependant, c'est grâce à un... japonais qu'ils durent leur renaissance. Jigoro Kano, en fondant le Judo en 1882, remis au goût du jour la pratique des arts martiaux, sa discipline étant mondialement connue début XXe. Son soutien permit aux différents Budo japonais (Karaté, Aïkido...), mais aussi aux autres arts asiatiques dont le Kung Fu Wushu de se développer à nouveau.

Mais avec l'arrivée au pouvoir des communistes en 1949, beaucoup de grands maîtres vont être persécutés et obligés de fuir vers Taïwan, Hong Kong ou encore Singapour. Le régime communiste allait développer une nouvelle forme de Wushu, basée sur les acrobaties ou la gymnastique et ayant perdu son côté martial. Cette forme prédomine encore aujourd'hui en compétition sous l'appellation de Wushu moderne. Cependant, l'aspect authentique des origines refait petit à petit surface en raison de l'intérêt qu'il suscite chez beaucoup de pratiquants.

La finalité : atteindre la perfection

Fortement imprégné par la philosophie taoïste, les arts martiaux «traditionnels» chinois, soit avant leur évolution sportive, comportaient deux grands objectifs : faire du pratiquant un guerrier redoutable, et surtout lui permettre de s'élever spirituellement. De ces deux «finalités» sont nés les styles dits «externes» (développant la force musculaire) et «internes» (développement de l'énergie interne ou Qi) lesquels désignent couramment les deux grandes tendances dans les arts martiaux chinois.

Une troisième existe néanmoins : le sans forme, où se revendiquent des disciplines telles de Yi Quan, mais aussi le Taiji Quan. L'Aïkido japonais pourrait être classé dans cette catégorie s'il était d'origine chinoise. La meilleur façon de définir le sans forme est «l'expression naturelle du corps à travers l'alliance parfaite de l'externe et de l'interne», soit l'objectif que doit poursuivre tout pratiquant quelque soit sa discipline.





5/13/2008

Le Tai-chi-chuan


Le tai-chi-chuan ou tai-chi (du chinois trad. 太極拳, simpl. 太极拳, en pinyin tài jí quán, en Wade-Giles T'ai-chi ch'üan, « boxe du taiji »), souvent traduit par « boxe du faîte suprême » ou « boxe avec l'ombre » est un art martial interne (avec le Hsing I Ch'uan et le Bagua zhang). Le taiji (en chinois 太極 tài jí (Wade-Giles t'ai-chi, taikyoku en japonais), que l'on pourrait traduire en français par « faîte suprême » est aussi la poutre faîtière d'une habitation et l'idée d'ultime. Aussi taiji quan pourrait se traduire par boxe (poing) ultime, c'est-à-dire la boxe au-delà de laquelle il n'existe aucune boxe: la quintessence de la boxe.

Il est à noter que c'est le même taikyoku (太極) qui est utilisé dans les noms de six des premiers katas du shotokan karaté (taikyoku shodan à taikyoku rokudan).

C'est Chen Wangting qui aurait créé en 1641 le tai-chi-chuan, en s'inspirant des différents arts martiaux chinois, en y intégrant la philosophie taoïste (principe du yin et du yang) et de la médecine chinoise. On dit aussi que le moine Zhang Sanfeng aurait créé cet art sur la montagne Wudang, dans la province de Hubei.

Il existe plusieurs écoles :

tai-chi style Chen, le style fondateur de Chen Wangting
tai-chi style Yang, le plus répandu, qui se décline en trois sous écoles.
tai-chi style Wu de Wu Jianquan (Wu Chien-ch'uan)
tai-chi style Wu de Wu Yuxiang (Wu Yu-hsiang)
tai-chi style Sun de Sun Lutang
Le tai-chi-chuan en tant qu'art martial dit interne insiste sur le développement d'une force souple et dynamique appelée jing, par opposition à la force physique pure.

La règle première du tai-chi-chuan est la décontraction (song, song kai) qui permet de délier les mouvements : un mouvement de coup de poing va provenir de la taille, plutôt que du bras ou de l'épaule.

Une fois la relaxation song installée, le pratiquant va développer le peng jing ou force interne consistant à relier chaque partie du corps en restant relaxé : une partie bouge, tout le corps bouge; une partie s'arrête, tout le corps s'arrête. Le peng jing est la force caractéristique du tai-chi ; l'analogie est de la comparer à une boule élastique : frapper dedans, et votre coup sera retourné dévié vers vous.

Lors des coups frappés l'énergie est tout d'abord concentrée dans le dantian, qui est un des points d'énergie (équivalent des chakras indiens), situé deux pouces en dessous du nombril, puis est libéré, accompagné d'une onde de choc propagée par l'ondulation des articulations du pratiquant, tel un fouet. On appelle cela exploser la force ou fajing.

Le tai-chi porte une attention particulière à l'enracinement. L'énergie doit aussi partir des « racines » dans les pieds, puisque c'est généralement eux qui dans la majorité des cas vont lancer le coup que donnera la main, ou tout autre partie frappante.

On dit parfois, « le pied donne le coup, la hanche dirige, et la main transmet. »

Ce contrôle du qi s'apprend avec les exercices de qi gong (littéralement, travail du souffle) taoïste (différent des exercices de qi gong bouddhique).

L'entraînement aux exercices de tai-chi-chuan est tout d'abord exécuté lentement pour justement percevoir la relaxation et la circulation du mouvement.

Ensuite, le pratiquant pourra commencer à accélérer les gestes, et pratiquera les fajing - libération de l'énergie - d'abord réduit afin d'éviter d'abîmer ses articulations, puis de plus en plus complets.

Les exercices de poussées de mains permettent d'appliquer les principes du tai-chi avec un partenaire et ceci de manière progressive : rester relaxé (song) sur une poussée par exemple pour démarrer.

Le tai-chi permet d'exprimer la force (exploser la force ou contrôler simplement par deséquilibre) avec n'importe quelle partie du corps, ce qui permet d'envisager aussi bien des techniques longues de boxe que du corps à corps. À l'extrême, l'explosion de force s'effectue avec un mouvement imperceptible.

Le tai-chi-chuan se pratique généralement à mains nues. Toutefois il existe des formes de tai-chi avec armes, que le pratiquant pourra apprendre après quelques années d'expérience à mains nues.

Liste d'armes utilisées dans les tai-chi d'armes :

- La lance, taiji qiang (太极槍)
- Le sabre, taiji dao (太极刀)
- L'épée, taiji jian (太极剑)
- La hallebarde Chinoise, ji (戟)
- L'éventail



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