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6/20/2009

Le tai-chi réduit les douleurs dues à l’arthrite

Le tai-chi a des effets bénéfiques sur les personnes souffrant d’arthrite, selon une étude de chercheurs de l’institut George pour la santé internationale, basé en Australie, publiée dans le numéro de juin de Arthritis Care & Research.

La pratique de cet art martial chinois antique réduit la douleur et améliore les fonctions physiques, la tension et la qualité de vie des personnes souffrant de troubles musculo-squelettiques qui accompagnent souvent l’arthrite.

Les chercheurs ont analysé sept essais cliniques à répartition aléatoire et contrôlés utilisant le tai-chi comme intervention principale pour des patients souffrant de troubles musculo-squelettiques. Ils ont découvert que la pratique du tai-chi améliorait la façon dont les patients faisaient face à la douleur et au handicap.

Le tai-chi, qui est régulièrement pratiqué en Chine pour une bonne santé générale, a également permis de réduire les inflammations, et les patients ont indiqué des bienfaits allant d’une baisse de pression artérielle à une réduction de la douleur, souligne l’étude.

Le tai-chi ne nécessitant aucun équipement particulier, et pouvant être pratiqué seul ou en groupe, les chercheurs sont optimistes quant à la pratique des patients qui réduiraient ainsi leurs douleurs.

"Le fait que le tai-chi soit bon marché, pratique et amusant et apporte d’autres bienfaits psychologiques et sociaux soutient l’utilisation de ce type d’intervention pour des douleurs telles que l’arthrite", souligne l’étude.

En se basant sur leurs recherches, les scientifiques espèrent des bienfaits similaires chez les personnes souffrant de problèmes chroniques de dos.

Des études précédentes ont montré que le tai-chi pouvait améliorer l’équilibre des personnes ayant subi une attaque cardiaque, et qu’il avait également des effets bénéfiques chez les personnes souffrant de maladies chroniques telles que la sclérose en plaques.


Source: ctendance.com

5/17/2008

Le Tai Chi taoïste, un art de santé


Article tiré de la Revue du REIQCS (Réseau d'échange d'information du Québec sur le cancer du sein), Vol.3 No.1


Propos recueillis par Danièle Blain, Montréal.


Comme bien des gens, Lisette Daigle a découvert le tai chi taoïste par hasard. De son propre aveu "pas vraiment sportive, mais relativement en forme", familière avec la méditation, l'enchaînement des mouvements lents, tout en détente, l'intriguait. C'était il y a sept ans, presque trois ans après son face à face avec le cancer qu'elle avait vaincu après une double mastectomie.

C'est dire qu'à cet égard elle n'avait pas d'attentes particulières, les premiers effets bénéfiques sont donc arrivés comme une heureuse surprise. "Comme toutes les femmes qui ont subi ce genre d'intervention,j'avais des problèmes avec ma circulation lymphatique, avec tout ce que ça entraîne. Par exemple, lorsque je levais les bras au-delà d' une certaine hauteur, j'avais l' impression qu' ils étaient déconnectés de mon corps! Par rapport à ça, j'ai constaté un changement presque tout de suite au tout debut lorsque j'effectuais les mouvements, mes bras ne suivaient pas, mais très vite le tai chi m'a aidée à rétablir le contact."

"Dans tous les cas de cancer du sein, le tai chi taoïste contribue de façon remarquable à réduire le lymphoedème associé à la dissection de nodules, ainsi que la douleur" confirme Elliot Kravitz, médecin et professeur à la Faculté de médecine et au Centre hospitalier de l'Université McGill. Il pratique le tai chi depuis 16 ans et agit comme conseiller médical auprès de Ia Société de tai chi taoïste au Québec et de la Société intemationale de tai chi taoïste. Fondée au Canada en 1970 par Maître Moy Lin-shin, un moine taoïste, la Société compte quelque 15,000 membres en Amérique du Nord seulement. Au Québec. la Société compte 28 sites, répartis dans toutes les regions.

Le tai chi du point de vue de la médecine occidentale

"Je voudrais d'abord préciser une chose. Je suis un médecin qui pratique la médecine occidentale. Donc, lorsque je parle du tai chi, je le fais depuis une perspective de médecine occidentale. Si j'en parlais du point de vue de la médecine orientale, qui privilégie une approche fonctionnelle, il serait question du "chi" (l'énergie vitale), du "jing" (les fluides vitaux), du "shen" (l'esprit), du yin et du yang, etc. La médecine occidentale, elle, privilégie une approche structurelle. Il est regrettable que, trop souvent, on les oppose dans I'espoir de pouvoir décréter qu'il y en a une qui est supérieure à l'autre; ce sont simplement deux choses différentes."

"La médecine occidentale a accompli en très peu de temps des progrès remarquables dans la compréhension et le traitement du cancer, dans l'usage de la chimiotherapie et de la radiothérapie avec une réduction de la mortalité et de la morbidité. Et parce que nos journées n'ont que 24 heures, les efforts que nous faisons en vue d'approfondir notre compréhension de la maladie et d'affiner nos méthodes thérapeutiques sur la base d'une compréhension structurelle de la maladie, mobilisent toutes les énergies humaines et matérielles que nous pouvons y consacrer. Il serait donc stérile d'accuser la médecine occidentale de ne pas aborder une maladie comme le cancer d'un point de vue fonctionnel, alors qu'elle choisit simplement de se concentrer sur autre chose. Mais en même temps, il est clair pour moi qu'il y a un rôle pour l'interaction entre les deux approches. En ce sens, je dirais que le tai chi taoïste peut constituer un merveilleux traitement complémentaire à quelque forme de traitement du cancer du sein que ce soit."

"Voyez-vous, fondamentalement, le tai chi taoïste nous réapprend à utiliser nos corps de facon naturelle. Je vous donne un exemple : si vous ne savez pas comment fonctionne une voiture et que vous poussez toujours le moteur à son maximum tout en négligeant d' effectuer vos changements d'huile, vous ne pourrez pas accuser le manufacturier s'iI brise. Mais une fois que vous avez compris comment ça marche, il y a de bonnes chances pour que vous utilisiez votre véhicule autrement! C'est la même chose avec le corps. On a une forme humaine naturelle avec laquelle on perd peu à peu le contact. Lorsqu'enfant, on met des chaussures, on perd contact avec le sol et on change de posture. Les vêtements ont le même effet. Pius tard, qu'on soit grand ou petit, tous les bancs d'école ont la même taille, ce qui nous oblige à de nouvelles adaptations posturales. Je ne nierais jamais le confort des chaussures et des vêtements ni les bienfaits de l'éducation, mais quelque part, tout ça a un coüt! En Occident, nous sommes conscients que le corps a une forme idéale et un fonctionnement optimal, mais souvent, c'est lorsqu'on fait face à la maladie qu'on prend la mesure de ce qui nous sépare de cette forme ou de ce fonctionnement."

Apprendre à son rythme

"Il n'y a pas deux individus qui apprennent le tai chi taoïste de la même facon, lui fait écho Lisette Daigle, qui est aussi institutrice accréditée bénévole, comme tous ceux et celles qui enseignent le tai chi à la Société. C'est un processus tellement personnel, tellement lié à la compréhension que chaque personne a d'elle-même! C'est une méthode douce et absolument non-compétitive : chacun y va à son rythme et selon sa disponibilité." Confort oblige, les vêtements amples, s'ils ne sont pas de rigueur, sont privilégiés par la grande majorité. "Au début, j 'étais assez consciente de mon corps, mais le climat relax qui prévaut dans les classes fait que c'est quelque chose qu'on oublie assez vite, dit-elle encore. Pour ma part, en plus de l'effet au niveau de Ia circulation, ça m'a tout de suite donné tellement d'énergie. Quand je rentrais après mon cours pas moyen d'aller dormir! Moi qui pensais que j'étais en forme parce quej'avais des bons muscles dans les jambes, je me suis vite rendue compte qu'en réalité j'avais les jambes plutôt faibles!"

"Le tai chi taoïste peut contribuer à régler ou à alléger bien des problèmes de santé, poursuit Elliot Kravitz, c'est un exercice cardio-vasculaire modéré, bon pour les probhèmes respiratoires chroniques, les problèmes cardio-vasculaires ou cérébro-vasculaires. Il est recommandé aux personnes souffrant d'ostéoporose et on note des améhiorations dans l'état des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, de sclérose en plaques ou d'arthrite rhumatoïde. Le tai chi est une méditation, donc efficace contre les problèmes d'anxiété. Il procure en outre un sentiment général de bien-être, ce qui est bon pour l'amélioration des fonctions immunologiques et notamment des lymphocytes-t (des globules blancs qui font partie du système immunitaire,). Tout ça se trouve dans la littérature médicale occidentale. Bien sûr, on peut toujours débattre de la validité de ces études, mais elles sont là et le débat est ouvert."

"Dans le cas particuhier du cancer du sein, le tai chi taoïste, comme nous l'avons dit, favorise la mobilisation du drainage lymphatique et des muscles de la cage thoracique; ce qui aide à réduire la douleur. À un autre niveau. c'est aussi une merveilleuse activité sociale, un lieu où on peut, au sein d'un groupe, retrouver un sentiment de bien-être et une perception positive de soi", précise-t-il. "Quand une personne qui a ignoré son corps pendant plusieurs années ou qui a été confrontée à la maladie commence à le redécouvrir ou à le retrouver dans son intégrité, ceha a un effet immédiat. On voit même les gens commencer à marcher différemment! Enfin. psychologiquement, le tai chi aide à briser ce processus mythologique de la maladie. Sans jouer sur les mots. il ne faut jamais perdre de vue qu'il y a une différence fondamentale entre être malade et avoir une maladie. Une personne en santé peut avoir un problème de santé et un cancer du sein peut être soigné d'un point de vue médical dans un contexte où cette personne continue de s' occuper de sa santé de façon proactive. En ce sens, le tai chi taoïste, conçu spécifiquement comme un art de santé, peut s'avérer un merveilleux traitement complémentaire."

Tai chi et qigong boostent l’effet du vaccin anti-grippe

Une nouvelle étude vient de mettre en évidence, chez des personnes âgées vaccinées contre la grippe, que la pratique de certains arts martiaux améliore la réponse immunitaire au vaccin.

Vous avez un certain âge et l’envie d’éviter la grippe cet hiver ? Faites vous vacciner… et mettez vous au tai chi. Des chercheurs de l’université de l’Illinois (Etats-Unis) viennent de mettre en évidence que cet art martial pourrait améliorer significativement la réponse immunitaire des personnes âgées qui viennent de se faire vacciner.

Pour le mettre en évidence, le professeur Yang Yang et ses collaborateurs ont recruté 50 septuagénaires qu’ils ont vaccinés contre la grippe. La moitié d’entre eux a été formée aux techniques du tai chi et qigong (prononcé chi-kong et non King-Kong) à raison de 3 séances d’une heure par semaine durant 5 mois. L’autre moitié a servi de groupe témoin.

Le tai chi et le qigong sont des arts martiaux consistant à faire de longs mouvements fluides tout en méditant et en respirant profondément.

A l’issu des 5 mois, les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang à chacun des volontaires et mesuré le taux d’anticorps synthétisés en réponse au vaccin anti-grippe.

Résultat : les niveaux d’anticorps étaient nettement plus élevés dans le groupe tai chi / qigong que dans le groupe témoin.

Ces résultats, même s’ils doivent être confirmés par d’autres études, sont une nouvelle preuve de l’influence que peut avoir notre mental sur notre système immunitaire. En 2003, Richard Davidson (Université du Wisconsin) mettait en évidence que la méditation avait un effet bénéfique sur les réactions immunitaires. Elle entraînait, chez des personnes vaccinées contre le virus de la grippe, une augmentation des taux d’anticorps et une augmentation de certaines cellules immunitaires, appelées les « natural killer » (2).

Véronique Molénat


1) Yang Yang; Effects of a Taiji and Qigong Intervention on the Antibody Response to Influenza Vaccine in Older Adults, The American Journal of Chinese Medicine (AJCM) Volume: 35 No: 4 Year: 2007 pp. 597-607
2) Davidson RJ, Alterations in brain and immune function produced by mindfulness meditation. Psychosom Med. 2003 Jul-Aug;65(4):564-70.


5/15/2008

Aux origines des arts martiaux chinois

Nicolas Jucha 04/09/2007


Rendus célèbres en Occident par Bruce Lee et connus sous le nom de Kung Fu, les arts martiaux chinois trouveraient leurs racines en 5000 avant Jésus Christ, avec des techniques de combats importées d'Inde.



Les plus anciennes traces archéologiques remontent à l'époque de Huang Di, l'Empereur jaune, en 3000 avant notre ère, mais la première codification d'une discipline attendra -2000 avec le Shuai-jiao (aussi connu sous le nom de lutte Chinoise) l'un des ancêtres du Judo et du Ju Jitsu japonais.

Bodhidharma et le Temple Shaolin

Pour beaucoup, le réel épisode fondateur du Kung Fu (ou Wushu en Chinois mandarin) reste la venue d'un moine indien, Ta Mo (futur Bodhidharma), au temple Shaolin (temple de la jeune forêt). Venu pour développer le Bouddhisme Chan en Chine, il va enseigner des techniques de méditation, mais aussi des exercices physiques et des techniques de combats pour améliorer la santé des moines et les rendre moins vulnérables hors du monastère.

Un millénaire plus tard, le noble Chueh Yan, aidé de plusieurs autres experts martiaux, allait améliorer la «Boxe Shaolin» avec la création de nouvelles techniques (une centaine) réparties dans les styles du Tigre, de la Grue, du Léopard, du Serpent et du Dragon. Le principal courant du Kung Fu venait de franchir le pas qui allait le rendre légendaire et prédominant dans les arts chinois.

Si l'épisode du Mont Shaolin a lancé l'histoire des arts martiaux chinois dits «externes» (waigong), c'est au Mont Wudang qu'il faut chercher l'origine communément acceptée des arts internes (neigong) dans lesquels on classe souvent le Taiji Quan.

Wudang, l'autre montagne mythique des arts martiaux chinois

Situé au nord-ouest de la province du Hubei, la montagne est l'un des principaux centres du culte taoïste. Une vénération de Zhen Wu (le guerrier véritable) et de Xuan Di (l'Empereur sombre) s'y est notamment développée sous la dynastie des Song (960 à 1279 après J.C.). Ce serait le taoïste Zhang Sanfeng, basé au Mont Wudang, qui aurait créé le Taiji Quan dans sa forme originelle.

L'histoire se présente ainsi : «Un jour que l'ermite Zhang SanFeng était à la fenêtre de sa hutte sur le mont WuDang, son attention fut attirée par le cri étrange d'un oiseau. Se penchant, il vit une pie effrayée descendre d'un arbre au pied duquel se trouvait un serpent. Un duel s'en suivit, et la pie fut vaincue par le serpent, ce dernier combattant en souplesse et avec des déplacements curvilignes. Zhang SanFeng comprit alors la suprématie de la souplesse sur la rigidité, l'importance de l'alternance du Yin-Yang et d'autres conceptions qui ont formé la base du TaiJiQuan. C'est à la suite de cet incident qu'il élabora le Taiji Quan, application des principes du Taiji.» (source : «Taiji Quan, art martial et technique de longue vie», de Catherine Despeux)

Une autre version, plus simpliste, estime que Zhang aurait reçu la connaissance du Taiji Quan en rêve de la part de l'Empereur sombre Xuan Di : «Une nuit, Zhang Sanfeng reçut en rêve de l'Empereur Noir (Xuandi) une méthode de combat à mains nues ; le lendemain au réveil, il put à lui seul tuer plus d'une centaine de bandits.» Cette seconde version s'inscrit dans la théorie d'un Taiji Quan qui n'aurait pas été créé par Zhang mais retrouvé à partir d'un temps ancien mythique.

Les aléas de l'histoire

Cet aspect presque surnaturel colle d'ailleurs aux arts martiaux chinois quelque soit le style et l'origine. Cependant, l'histoire a plusieurs fois failli enfouir ces trésors chinois dans l'oubli.

En 1662, l'invasion de la Chine par les Mandchous aurait pu mettre un terme à l'histoire de Shaolin. Le nouvel empereur, Kang Xi, de la dynastie Qing, décida de prévenir une éventuelle révolte des moines en détruisant le temple. Selon la légende, cinq moines (les cinq ancêtres), et quelques uns de leurs disciples sont parvenus à s'enfuir. Parmi eux se trouvait la nonne Ng Mui, seule femme parmi les cinq ancêtres, et qui allait créer le Ving Tsun.

Ainsi donc survécu la Boxe de Shaolin, laquelle allait se développer et se diversifier avec la création de nombreuses sociétés secrètes, dont la Triade, ayant pour objectif de rétablir la dynastie Ming.

La renaissance grâce à un japonais

Cette aspiration allait mener à la révolte des Boxers en 1900, laquelle s'achevait dans un bain de sang, les artistes martiaux ayant dû affronter des armées modernes munies d'armes à feu. Les arts de combat chinois, avec la mort de nombreux experts, venaient de subir un cuisant échec et risquaient une nouvelle fois de s'éteindre...

Cependant, c'est grâce à un... japonais qu'ils durent leur renaissance. Jigoro Kano, en fondant le Judo en 1882, remis au goût du jour la pratique des arts martiaux, sa discipline étant mondialement connue début XXe. Son soutien permit aux différents Budo japonais (Karaté, Aïkido...), mais aussi aux autres arts asiatiques dont le Kung Fu Wushu de se développer à nouveau.

Mais avec l'arrivée au pouvoir des communistes en 1949, beaucoup de grands maîtres vont être persécutés et obligés de fuir vers Taïwan, Hong Kong ou encore Singapour. Le régime communiste allait développer une nouvelle forme de Wushu, basée sur les acrobaties ou la gymnastique et ayant perdu son côté martial. Cette forme prédomine encore aujourd'hui en compétition sous l'appellation de Wushu moderne. Cependant, l'aspect authentique des origines refait petit à petit surface en raison de l'intérêt qu'il suscite chez beaucoup de pratiquants.

La finalité : atteindre la perfection

Fortement imprégné par la philosophie taoïste, les arts martiaux «traditionnels» chinois, soit avant leur évolution sportive, comportaient deux grands objectifs : faire du pratiquant un guerrier redoutable, et surtout lui permettre de s'élever spirituellement. De ces deux «finalités» sont nés les styles dits «externes» (développant la force musculaire) et «internes» (développement de l'énergie interne ou Qi) lesquels désignent couramment les deux grandes tendances dans les arts martiaux chinois.

Une troisième existe néanmoins : le sans forme, où se revendiquent des disciplines telles de Yi Quan, mais aussi le Taiji Quan. L'Aïkido japonais pourrait être classé dans cette catégorie s'il était d'origine chinoise. La meilleur façon de définir le sans forme est «l'expression naturelle du corps à travers l'alliance parfaite de l'externe et de l'interne», soit l'objectif que doit poursuivre tout pratiquant quelque soit sa discipline.





Le Taiji Quan, la fierté suprême des arts martiaux chinois

Nicolas Jucha 28/08/2007


Souvent catalogué de gymnastique par les profanes, le Taiji Quan est pourtant la famille d'arts martiaux la plus reconnue des experts en Chine. Si son apport pour la santé est indéniable, son efficacité en combat est aussi bien réelle.


Qui n'a jamais vu d'images des parcs chinois au petit matin, avec ses vieillards qui exécutent des mouvements en toute lenteur ? Qui également, n'a jamais entendu parler du Taiji Quan, souvent transcrit en Tai Chi Chuan ou Tai Qi Quan ?

Un art martial célèbre tout autant que méconnu

Les faits sont bien là, si Bruce Lee en son temps a rendu populaire le Kung Fu en Occident, le Taiji n'a aujourd'hui plus rien à lui envier question de renom. Mais si l'appellation est connue, la discipline reste en elle même largement méconnue ou victime des idées préconçues.

Gymnastique ou art martial ? La première idée a tendance à s'imposer à l'esprit de la majorité, y compris en Chine. Il faut dire que la lenteur et la souplesse des mouvements du Taiji contraste avec le dynamisme musculaire d'autres disciplines telles le Karaté des Japonais, le Taekwondo des Coréens ou le Viet Vo Dao des Vietnamiens.

Très clairement, dans l'esprit de beaucoup d'Occidentaux, le Taiji Quan est destiné aux personnes âgées. Hors en Chine, tous les experts en arts martiaux ou presque s'accordent pour qualifier le style de boxe la plus efficace et utile de tout le répertoire, au combien riche, des arts martiaux chinois.

Pour vraiment comprendre, trois choses s'imposent : une explication lexicale du terme Taiji, une petite ébauche historique sur le style, et une tentative de description de ce dernier. Seulement une tentative dans le sujet est plus vaste qu'il n'y paraît de prime abord.

Taiji Quan : la Boxe du Faîte Suprême

Pour qui parle le Chinois mandarin, le simple nom Taiji suffit à évoquer une idée de puissance et d'efficacité : composé des mots Taiji (Faite Suprême, supérieur) et Quan (poing, boxe), le Taiji Quan n'est autre que la Boxe du Faîte Suprême ou encore LA Boxe Suprême.

Qui connaît les arts martiaux chinois et la richesse des styles qui existent dans l'Empire du milieu, sait que la place du Taiji se trouve en haut de la hiérarchie. Pour les Chinois, l'apprentissage d'un combattant parfait passe par trois étapes indispensables : l'externe, l'interne puis enfin le sans forme.

Terme difficile à comprendre pour celui qui ne pratique pas les arts martiaux, cette classification, sans être parfaite et figée, a été adoptée également dans les disciplines non chinoises. L'externe désigne les arts de combat basés avant tout sur la force physique et musculaire, tel le Kung Fu si célèbre de Shaolin. L'interne évoque les arts de combat basés principalement sur l'usage de l'énergie vitale, Qi pour les Chinois, Prana pour les Indiens, ou encore Ki pour les Japonais.

Dénaturé par la Révolution Culturelle

Si le Taiji Quan est souvent classé dans cette seconde catégorie, les plus grands maîtres le classent comme l'étape suprême : le sans forme, ou l'art de savoir laisser le corps s'exprimer le plus naturellement, et par conséquent, le plus efficacement possible...

Sa fausse réputation actuelle face au grand public, le Taiji Quan la tient principalement de son histoire récente, avec la Révolution Culturelle instaurée par Mao Zedong. Comme beaucoup d'autres Wushu chinois, le Taiji s'est vu privé de ses caractéristiques ancestrales qui le vouait à être un art de combat à la fois efficace et thérapeutique.

Si le Kung Fu est devenu principalement un sport de démonstration, le Taiji a été simplifié afin de devenir une gymnastique accessible à tous. Aujourd'hui, la discipline tend à retourner à ses origines martiales, mais si son image édulcorée dure encore à ce jour, c'est parce que seule la pratique, et l'introspection qu'elle appelle, permet de comprendre la vrai nature de la Boxe du Faîte Suprême.

Pas une mais plusieurs Boxes du Faîte Suprême

Qu'est-ce que le Taiji Quan ? Un article n'y répondra pas, mais en simplifiant les choses, une première ébauche de description pourrait suffire à effacer déjà pas mal de fausses idées.

Les sources historiques ne s'accordent pas, comme c'est souvent le cas en Chine, pour certifier l'origine exacte de cet art martial. Il n'existe pas un seul Taiji, mais comme dans le reste des arts chinois, un nombre considérable de styles, souvent nés au sein de familles et de clans, et qui ont ensuite donné naissance à des variations mises sur pieds par les pratiquants successifs.

Selon l'idée communément acceptée, le style Chen serait la plus ancienne de toutes ces écoles. Mélangeant mouvements lents et souples avec mouvements rapides et puissants, cette boxe serait à l'origine des autres grands styles comme Wu, Sun ou Yang.

Ce dernier est à ce jour le plus répandu, sa forme simplifiée étant la plus communément enseignée. C'est elle, par ses mouvements amples et lents, qui donne souvent au Taiji des «allures de gymnastique.»



5/14/2008

Témoignage de Sophie


Sophie Parmose, 34 ans, professeur de français.

Sophie est une adepte des pratiques orientales. Elle aborde la gymnastique à 20 ans, avec l’aïkido. Cette technique d’art martial japonais lui apporte souplesse physique, coordination motrice, concentration et contact avec les autres. Puis, elle s’essaie au yoga. « De nature très dynamique, j’ai trouvé que cette discipline me détendait trop ». Sa route croise alors le qi gong. « Ses exercices m’ont décontractée sans m’endormir, enseigné le calme et la pacification. Ses lents mouvements, qui agissent sur les méridiens, m’ont permis de déjouer les tensions émotionnelles qui se concentrent au niveau de l’estomac. » Elle ajoute que le qi gong a complété sa pratique du chant classique ; ces deux enseignements exigent en effet un contrôle du souffle. Puis elle découvre le tir à l’arc japonais. « Le corps en croix, les bras tendus sur les côtés, avec le dégagé de la main qui conduit le mouvement, bien positionnée dans l’axe vertical, on peut parler d’une réelle gymnastique douce, car la concentration et la douceur priment. La posture compte davantage que la cible. Parvenir à ce calme, à ce lâcher-prise est vraiment un bonheur. De plus, j’ai adoré l’esthétisme de la position et j’ai senti une réelle ouverture au niveau du plexus solaire ». Puis elle passe au taï chi chuan, dont elle apprécie « la respiration basse (c’est-à-dire au niveau du ventre), le mouvement qui part du hara (centre des énergies, situé un peu en-dessous du nombril), la lenteur des mouvements, mais un peu plus dynamiques que ceux du qi gong ! ». Sophie s’arrêtera-t-elle en si bon chemin ?



Témoignages des pratiquants du qi gong et du "tai ji quan"


Renée, pratiquante de qi gong et de tai ji quan

"Equilibre corporel, concentration, intériorité, n'est-ce pas indispensable pour découvrir-peu à peu- le "mieux être" que chacun recherche inlassablement ? l'énergie qui souvent sommeille en nous, mène à ce bien-être, mais encore faut-il la découvrir, la développer. C'est ce que la pratique du qi gong et de tai ji quan à travers l'enseignement de phuc nous permet de découvrir. Essayez-vous aussi de profiter de tant de bienfaits".

Jérôme, pratiquant de qi gong

"Cela fait 6 ans que je pratique régulièrement avec phuc et je ressens l'évolution de ma pratique de qi gong. Mon attention aux détails posturaux s'est accrue. La perception et appréhension des "choses invisibles" (énergie) se développent en moi et ce qui était avant hypothétique devient de plus en plus palpable dans un sens d'ouverture aux mondes et aux êtres qui pensent et vivent différemment. Les difficultés rencontrées lors des exercices nourrissent mes capacités de compassion et de patience.

Les facultés de percevoir et de transmettre les détails de la pratique de mon cher professeur phuc me font revenir avec enthousiasme chaque semaine pour approfondir la pratique encore et encore".

Anne, pratiquante de qi gong et de tai ji quan

"J'ai rencontré le qi gong au cours d'une formation professionnelle à visée thérapeutique. Depuis il fait partie intégrante de ma vie. 5 ans de pratique régulière ont modifié beaucoup de choses comme si tout doucement je faisais peau neuve : des yeux neufs, des oreilles neuves...difficile à décrire. Un peu comme lorsqu'on était enfant et qu'on découvrait le monde sauf qu'aujourd'hui c'est un choix librement consenti".

Claire, pratiquante de qi gong

"Je commence ma 3ème année de pratique de qi gong et pourtant je suis une débutante encore. C'est une belle pratique, difficile, qui m'aide à réconcilier en moi et en dehors de moi le noir et le blanc. ma forme physique s'améliore et je travaille pour gérer mes émotions ce qui n'est pas une petite affaire !!!

Enfin la pratique du qi gong est un bon moment de partage avec tous, les proches et les plus lointains".

Bernard, pratiquant de qi gong

Cela fait seulement 3 ans que j'ai débuté la pratique du qi gong. Et pourtant je ne pensais pas que si peu de temps de pratique changerait autant ma vie, dans ma perception des choses et des sens, et dans mon rapport avec le monde qui m'entoure.

Je ne me hasarderais pas à en dire beaucoup plus car cela aurait plutôt tendance à faire paraître tout cela un peu trop "intellectuel " et compliqué alors que la pratique du qi gong ne fait que montrer, il me semble, la simplicité de la vie. mais je pourrais certainement en dire plus d'ici une dizaine d'années...".




5/13/2008

Tai-chi-chuan : la méditation en mouvement



Le Tai-chi-chuan, c’est cette fameuse gymnastique d’origine chinoise. Entre méthode de relaxation et art martial, cette pratique a de plus en plus de succès en France. Comment se pratique-t-elle ? Quels sont ses bienfaits ? Doctissimo fait le point sur un moyen de retrouver l’harmonie vieux de plusieurs siècles.

Le Tai-chi-chuan est une discipline pratiquée depuis des siècles en Chine. C’est l'art martial le plus pratiqué au Monde. Il aurait été inventé par un moine qui observait un combat entre un oiseau et un serpent.

Abc du Tai-chi-chuan
Le Tai-chi-chuan est un savant mélange de gestes et de postures à réalisés en les enchaînant. Il évoque à la fois une danse lente et un combat au ralenti. Le principe est simple. Il s’agit d’effectuer des gestes lents et souples. Ceux-ci doivent impérativement être faits de manière continue, afin d’éviter les saccades et les arrêts brutaux. Les enchaînements peuvent parfois comporter jusqu’à 100 mouvements différents ! La respiration est également au centre des exercices. Celle-ci doit être lente et profonde. Les séances durent environ une demi-heure et ont lieu généralement deux à trois fois par semaine. Certaines variantes vont utiliser des instruments (bâton, épée…).

Des règles strictes
Contrairement à ce que l’on peut croire, les mouvements ne sont pas aléatoires. Ils sont codifiés et les enchaînements font partie de l’enseignement. Sachez qu’il existe plusieurs écoles de Tai-chi-chuan, qui vont avoir des spécificités différentes. Mais dans l’ensemble, si les mouvements varient, les règles de base sont les mêmes, comme par exemple :

Garder le sommet du crâne vers le haut ;
Laisser les épaules tomber ;
Ne pas utiliser la force ;
Rester toujours relaxé ;
Garder les articulations souples ;
Réaliser des mouvements fluides ;
Faire les enchaînements en continu.
Vous avez dit "Chi" ?
Le Tai-chi-chuan est connu comme une discipline de la santé et de la longévité. Il est notamment employé dans les hôpitaux en Chine. Mais qu’en est-il réellement ? La théorie à la base de ses bienfaits prend appui sur le "Chi". Car le Tai-chi-chuan faciliterait la circulation de cette énergie corporelle au sein de notre organisme. Or toujours selon ces préceptes, c’est lorsque le Chi se retrouve bloqué à un endroit précis que nous tombons malade. Cette activité jouerait donc un rôle préventif.

Quels effets réels sur la santé ?

Si les effets du Tai-chi-chuan sur le "Chi" restent peu étudiés scientifiquement, les bienfaits de cette gymnastique sont réels. Ainsi, il a l’avantage d’être accessible au plus grand nombre : nul besoin d’être un athlète accompli pour débuter.

Il permet, chez les plus jeunes notamment, de prendre conscience de chaque partie de son corps. Les enchaînements de mouvement vont développer à la fois la souplesse, la coordination et de manière générale le dynamisme. De plus, les techniques respiratoires et les mouvements souples permettent une relaxation profonde.

Le Tai-chi-chuan est d’ailleurs une méthode éprouvée pour gérer le stress et retrouver le calme. Il est d’autant plus efficace si les mouvements sont pratiqués en plein air. Certains prétendent également qu’il aurait des vertus sur le système immunitaire. Mais rien n’a jamais été prouvé en la matière…

Louis Asana

Le Tai-chi-chuan


Le tai-chi-chuan ou tai-chi (du chinois trad. 太極拳, simpl. 太极拳, en pinyin tài jí quán, en Wade-Giles T'ai-chi ch'üan, « boxe du taiji »), souvent traduit par « boxe du faîte suprême » ou « boxe avec l'ombre » est un art martial interne (avec le Hsing I Ch'uan et le Bagua zhang). Le taiji (en chinois 太極 tài jí (Wade-Giles t'ai-chi, taikyoku en japonais), que l'on pourrait traduire en français par « faîte suprême » est aussi la poutre faîtière d'une habitation et l'idée d'ultime. Aussi taiji quan pourrait se traduire par boxe (poing) ultime, c'est-à-dire la boxe au-delà de laquelle il n'existe aucune boxe: la quintessence de la boxe.

Il est à noter que c'est le même taikyoku (太極) qui est utilisé dans les noms de six des premiers katas du shotokan karaté (taikyoku shodan à taikyoku rokudan).

C'est Chen Wangting qui aurait créé en 1641 le tai-chi-chuan, en s'inspirant des différents arts martiaux chinois, en y intégrant la philosophie taoïste (principe du yin et du yang) et de la médecine chinoise. On dit aussi que le moine Zhang Sanfeng aurait créé cet art sur la montagne Wudang, dans la province de Hubei.

Il existe plusieurs écoles :

tai-chi style Chen, le style fondateur de Chen Wangting
tai-chi style Yang, le plus répandu, qui se décline en trois sous écoles.
tai-chi style Wu de Wu Jianquan (Wu Chien-ch'uan)
tai-chi style Wu de Wu Yuxiang (Wu Yu-hsiang)
tai-chi style Sun de Sun Lutang
Le tai-chi-chuan en tant qu'art martial dit interne insiste sur le développement d'une force souple et dynamique appelée jing, par opposition à la force physique pure.

La règle première du tai-chi-chuan est la décontraction (song, song kai) qui permet de délier les mouvements : un mouvement de coup de poing va provenir de la taille, plutôt que du bras ou de l'épaule.

Une fois la relaxation song installée, le pratiquant va développer le peng jing ou force interne consistant à relier chaque partie du corps en restant relaxé : une partie bouge, tout le corps bouge; une partie s'arrête, tout le corps s'arrête. Le peng jing est la force caractéristique du tai-chi ; l'analogie est de la comparer à une boule élastique : frapper dedans, et votre coup sera retourné dévié vers vous.

Lors des coups frappés l'énergie est tout d'abord concentrée dans le dantian, qui est un des points d'énergie (équivalent des chakras indiens), situé deux pouces en dessous du nombril, puis est libéré, accompagné d'une onde de choc propagée par l'ondulation des articulations du pratiquant, tel un fouet. On appelle cela exploser la force ou fajing.

Le tai-chi porte une attention particulière à l'enracinement. L'énergie doit aussi partir des « racines » dans les pieds, puisque c'est généralement eux qui dans la majorité des cas vont lancer le coup que donnera la main, ou tout autre partie frappante.

On dit parfois, « le pied donne le coup, la hanche dirige, et la main transmet. »

Ce contrôle du qi s'apprend avec les exercices de qi gong (littéralement, travail du souffle) taoïste (différent des exercices de qi gong bouddhique).

L'entraînement aux exercices de tai-chi-chuan est tout d'abord exécuté lentement pour justement percevoir la relaxation et la circulation du mouvement.

Ensuite, le pratiquant pourra commencer à accélérer les gestes, et pratiquera les fajing - libération de l'énergie - d'abord réduit afin d'éviter d'abîmer ses articulations, puis de plus en plus complets.

Les exercices de poussées de mains permettent d'appliquer les principes du tai-chi avec un partenaire et ceci de manière progressive : rester relaxé (song) sur une poussée par exemple pour démarrer.

Le tai-chi permet d'exprimer la force (exploser la force ou contrôler simplement par deséquilibre) avec n'importe quelle partie du corps, ce qui permet d'envisager aussi bien des techniques longues de boxe que du corps à corps. À l'extrême, l'explosion de force s'effectue avec un mouvement imperceptible.

Le tai-chi-chuan se pratique généralement à mains nues. Toutefois il existe des formes de tai-chi avec armes, que le pratiquant pourra apprendre après quelques années d'expérience à mains nues.

Liste d'armes utilisées dans les tai-chi d'armes :

- La lance, taiji qiang (太极槍)
- Le sabre, taiji dao (太极刀)
- L'épée, taiji jian (太极剑)
- La hallebarde Chinoise, ji (戟)
- L'éventail



Le Kung Fu



Le kung fu (ou gong fu, 功夫) est le nom donné en occident à certaines boxes chinoises ; le terme est en fait impropre il signifie « maîtrise » (on peut par exemple aussi parler de gong fu en gastronomie : l'art ─ et non la cérémonie ─ de bien servir le thé chinois se dit par exemple gong fu cha) ; les Chinois utilisent plutôt les termes wu shu (武术, pinyin : wǔshù, art martial) ou quan fa (拳法, pinyin : quán2 fǎ, méthode du poing, ou méthode de boxe), et finalement les spécialistes parlent d'arts martiaux externes chinois. Cependant, le terme étant très répandu, notamment aux États-Unis d'Amérique et en Europe (la popularité du quan fa en Occident doit beaucoup à Bruce Lee, qui a fondé le style jeet kune do), modification du Wing Chun, il commence aussi à être utilisé en Chine, essentiellement pour des raisons commerciales. Le terme Kung-fu wushu, mélange entre translitération du cantonais et du mandarin de gongfu wushu (maîtrise des arts martiaux ) n'est certainement pas plus approprié, et peut prêter à confusion, lors d'une conversation avec un pratiquant chinois. Consulter l'article relatif au wushu, ou aux arts martiaux pour plus de détails.

Il existe plus de quatre cents styles différents d'arts martiaux externes chinois, parfois très différents les uns des autres, mais on retrouve toujours un point commun de l'un à l'autre : ils utilisent plus la force que l'énergie interne (le chi ou Qi), au début de leur entrainement.

Ces arts martiaux utilisent toutes les parties du corps, et plus régulièrement les poings, les pieds, mais aussi des armes (bâton, poignard, épée, etc. Voir paragraphe suivant). Ils se sont développés en Chine à partir du Xe siècle par les moines bouddhistes, dont ceux du monastère de Shaolin (少林) à partir des exercices physiques et arts martiaux indiens, ou tibétains, avant d'être diffusé à travers tout le pays ; ils incluent une part importante de bouddhisme chan na (à l'origine du zen) et de taoïsme) et insistent entre autres sur la maîtrise de la respiration. Certains styles cherchent à imiter les attitudes des animaux.

Il ne faut pas confondre ces arts externes (axés sur la dureté et la rigidité du corps) et les arts internes (considérant le corps comme une enveloppe souple et composé d'une multitude d'articulations, et devant donc dépasser la force brute) comme le taiji quan.

Quelques unes de ces techniques de boxes ont été importées par le Japon, via l'île d'Okinawa, qui fut longtemps chinoise, et ont évolué pour donner les différents styles de karate-do (空手道, kong shou dao en chinois, voie de la main nue), ou le kobudo, son pendant armé.

On trouve aussi dans le Kung Fu de très nombreux combats chorégraphiés, appelés Taos (道,voie), qui opposent le pratiquant à des adversaires imaginaires. Ces séquences, de difficultés variables et constituées d'une dizaine à plusieurs centaines de mouvements, servent à l'entraînement individuel du pratiquant.
Les Taos sont propres à chaque école, à chaque style. Il en existe pour le combat à mains nues comme pour le combat armé. Le maître (appelé ShīFù) tente de le transmettre à son élève en conservant au moins l'essence de l'art.

Même en occident cet art martial n'est pas seulement une boxe, mais aussi une philosophie, une manière d'être et de penser, une médecine, une profession et même une religion selon son avancée dans la pratique et l'enseignement de son maître.



Les styles


Parmi les 400 styles de kung fu, on peut noter :

Bai he quan 白鹤拳 Boxe de la grue blanche, boxe du sud de la chine, inspiré des styles tibétains

Binh-Dinh : Boxe sino-vietnamienne (donc style du sud), mouvements courts et efficaces, déplacements en zigzag, frappe dans le déplacement ; peu connue en France.

Chang quan 长拳 Long poing (boxe inspirée du shaolin du nord (bei shaolin quan))
Hoa Linh Bac Tru QuyenTechnique de la flamme sacrée
Hou quan 猴拳 Boxe du singe
Hung gar (littéralement "boxe de la famille Hung", boxe du tigre et de la grue, tibétain, ayant inspiré la grue blanche)
Jun fan (cantonais)
pak mei boxe sourcil blanc
pek kwarboxe mains tranchantes
Tang lang quan Boxe de la mante religieuse
Tang Long Hu Shi Style du tigre et de la mante religieuse
Vo-Lam : A la fin de sa vie, Bodhidharma créa sur le Mont Tung Son l'institut d'enseignement des vertus et techniques du Võ-Lâm.
Wing Chun (littéralement "boxe du printemps radieux)
Yihe Quan
ying quanboxe des serres d'aigle
Zui quan 醉拳 Boxe de l'homme ivre
Choy Lee Fut.
Kejia Quan :Boxe de la famille des Hakka.


Techniques communes aux différents styles

Postures de base

Avertissement :Les postures décrites ci-dessous sont pratiquées dans plusieurs styles enseignés en Europe. Il est cependant possible qu'il existe des variantes d'une école à l'autre, tant dans le nom de la posture, que dans la posture elle-même. Aussi les noms et descriptions des positions suivantes ne sont-ils présentés qu'à titre indicatif.

Le Héron (Ti Xi) : posture sur une jambe, genou relevé haut, pointe du pied tendue, buste vers l'avant ou de trois quarts. 100% du poids repose sur la jambe arrière. Cette position permet de frapper du pied très rapidement.
Le Cavalier (Ma Bu): jambes écartées de part et d'autre du corps, pieds parallèles, genoux pliés, buste vers l'avant. 50% du poids repose sur chaque pied.
Le bassin ne doit pas basculer vers l'arrière. C'est la position la plus stable.
Le Pas en arc, ou Arc et Flèche (Gong Bu): Jambe avant pliée, jambe arrière tendue, buste vers l'avant. Suivant les styles, l'angle des pieds par rapport aux jambes peut changer. 70% du poids repose sur la jambe avant. Position offensive, qui permet de frapper du pied et du poing rapidement.
Le Pas rasant (Pu Bu): la jambe avant est tendue, la jambe arrière pliée. Le buste est tourné de 90° par rapport à la position précédente. 70% du poids repose sur la jambe arrière. Position défensive et d'esquive.
Le Pas vide (Xu Bu): La jambe arrière est pliée (le pied, le nombril et la tête forme une ligne), la jambe avant est légèrement posée sur la pointe. Le buste est tourné vers l'avant. 80% du poids sur la jambe arrière. Position permettant de frapper rapidement du pied, d'esquiver ou de se replier.
Le Dragon (Sie Bu) ou Pas Assis : Jambe avant légèrement pliée, pied tourné à 90°, jambe arrière légèrement pliée, pied sur la pointe. Le buste est effacé de trois-quart. Le genou arrière doit être exactement au-dessus du talon avant. 80% du poids repose sur la jambe avant. Position d'attaque, permettant d'armer un coup de pied, ou de changer d'axe.
La Chèvre : position typique du Wing Chun, variante de la position du Cavalier. Les pieds sont légèrement écartés (largeur des épaules), les genoux légèrement rentrés vers l'intérieur. Position stable, permettant de mobiliser rapidement bras et jambes en corps à corps.
Un entraînement couramment pratiqué consiste à marcher en passant d'une posture à l'autre, les jambes d'appui fléchies au maximum.

Il existe d'autres postures, mais elles sont soit utilisées comme exercice de musculation, soit spécifiques à certains styles.

L'intérêt de la posture est multiple :

- Renforcer les muscles, os et articulations des jambes (et même le reste du corps) afin de frapper et d'être frappé sans blessure.
- Permettre des déplacements rapides dans toutes les directions, en exposant le moins possible ses points vitaux.
- Mettre le corps dans des positions optimales pour enchaîner les techniques offensives et défensives.
- Forger la volonté en tenant longtemps la même posture.

Les douze postures du style Binh-Dinh : Homme, Cavalier, Arc-et-flèche (ou Panthère), Moine-en-garde, Moine-assis, Épée, Tigre, Serpent, Ours, Oiseau, Cigogne, Singe.

Respiration

Comme dans tous les arts martiaux, la respiration est primordiale dans le kung fu. Suivant les écoles ou philosophies (Bouddhiste ou Taoïste par exemple), les façons de respirer peuvent être différentes, mais toutes s'accordent cependant sur l'importance de la respiration ventrale et sur l'importance de souffler en frappant et en bloquant (pouvant différer des théories de certains arts internes). Certaines écoles insistent sur l'importance, en combat, d'écouter la respiration de l'adversaire, afin de le frapper lorsqu'il inspire. Ces mêmes styles recommandent aux combattants de masquer leur propre respiration. D'autres styles au contraire insistent sur l'importance de libérer son chi (Qi) avec le plus de violence et donc de bruit possible, à l'instar du karate.

Certains exercices de respiration permettent en outre au praticant de renforcer ses organes internes (poumons, coeur, etc.).

Théorie du coup

Comme nous l'avons vu plus haut, le kung fu est un art martial externe qui considère le corps comme un solide. Le but principal du coup est donc de briser ce solide. Pour se faire, le pratiquant devra durcir les zones de frappe de son corps, mais aussi durcir ses points faibles en prévision des coups qu'il recevra. Pour cela, la plupart des styles dispose de techniques dites de la « chemise de fer », ou Qi Gong.

Les frappes de la main

Le coup est majoritairement porté de la main (ouverte ou fermée) ou du pied. Un coup de poing pour être efficace doit être lancé par un mouvement de rotation de jambes. Le pied, puis la hanche tournent, donnant de la vitesse et donc de la puissance au bras qui terminera le mouvement.

Les frappes du pied

Le kung fu est réputé pour ses coups de pieds complexes et spectaculaires, bien que tous les styles n'exploitent pas toutes ces techniques. Contrairement au karate, qui se pratique pieds nus, le pratiquant de kung fu porte des chaussures. Les coups se portent donc plus avec la plante du pied, la tranche ou le talon qu'avec le bol du pied.

Les frappes des autres parties du corps

En Kung-Fu on peut aussi frapper avec les coudes, genoux, doigts, tête, postérieur, toutes articulations et même mordre. Ces techniques s'apprennent mais ne doivent servir qu'en cas de stricte nécessité dans la rue. C'est le principe originel de l'art martial.

Le kung-fu hung-gar se pratique pied nus pour plus de légèrté...

Les armes du kung fu

La Chine est un pays où les guerres ne se sont arrêtées que pour laisser la place aux rébellions. Il est donc logique que les armes les plus diverses soient apparues dans ce pays, et ce bien avant l'invention du kung fu en lui-même.

Les chinois se sont servis des armes pour faire la guerre mais aussi comme moyen de musculation (c'était un complément à l'apprentissage du kung fu).

On peut supposer que l'adjonction d'armes dans le kung-fu (dans le sens d'« art martial externe chinois ») s'est fait tout naturellement par fusion d'arts martiaux plus anciens utilisant des armes. Par la suite, la maîtrise d'une arme est devenue un bon moyen d'accéder à une maîtrise de soi plus complète.

Les armes des arts martiaux anciens

Il existe 18 armes classiques, utilisées dans les armées du Moyen Âge chinois sur le champ de bataille. Elles sont les ancêtres de toutes les armes pratiquées actuellement au sein des arts martiaux chinois.

Remarque linguistique : les noms qui suivent sont ceux utilisés dans l'une des formes de Kung Fu. Il existe beaucoup de noms différents pour une même arme, de par la richesse linguistique de la chine.

- Mao : lance, avec ou sans crocs.
- Chui : Masse d'armes qu'il était possible de lancer.
- Gong : arc.
- Nu : arbalète (très ancienne en Chine).
- Chong : vouge ou fauchard (lance équipée d'une longue lame).
- Bian : épée à lame très souple et ondulée, utilisable comme un fouet d'acier. Éventuellement équipée de sections, elle peut être comparée aux fléaux ou nunchaku.
- Jian : 2 types d'épées à double tranchant et à deux mains. Soit la section en était carrée, voit elle était plus large au niveau de la pointe que vers la garde.
- Lian : chaîne lesté
- Yue : guisarme. Hache garnie d'une pointe.
- Ge : Lance courte.
- Ji : hallebarde.
- Pai : bouclier.
- Bang : bâton d'arme, ferré.
- Qiang : fourche de guerre.
- Pa : râteau équipé de lames acérées.

Tout guerrier digne de ce nom se devait de maîtriser ces armes. Il s'agissait bien de technique guerrière, et pas d'une voie d'accomplissement personnel des arts martiaux actuels.

Les armes des arts martiaux actuels

Bien que chaque style ait ses armes favorites (par exemple le couteau papillon pour le Wing Chun), on retrouve souvent les armes suivantes, d'un style à l'autre :

- le bâton long ;
- l'épée ;
- le sabre chinois (avec ou sans anneaux).

Ces armes sont les bases permettant de maîtriser toutes les autres armes, voire de transformer n'importe quel objet en arme.

Il existe bien sûr toute une foule d'armes plus ou moins exotiques, plus ou moins improvisées par un peuple cherchant à se défendre avec ce qui lui tombait sous la main. En voici une liste non exhaustive :

- la lance ;
- la hallebarde (lance permettant de piquer et de trancher) ;
- la masse ;
- le sabre chaîné (sabre manié par une chaîne fixée à sa poignée) ;
- les sabres jumeaux (deux dans le même fourreau) ;
- les couteaux papillons (deux courts sabres, utilisés pour le Wing Chun, à ne pas confondre avec les couteaux papillons philippins) ;
- le bourdon (gros bâton lesté, très apprécié par les moines d'autrefois) ;
- le tabouret ou le banc ;
- l'écharpe lestée (une arme de tueur à gage) ;
- la chaîne (à maillons, à section, lestée ou non)
- l'éventail (généralement en fer).

Restent les nombreuses armes de jets, moins prisées car moins nobles (elles peuvent être utilisées à distance).


Arts Millénaires de Bien-Vivre et de Bien-Etre

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